Service Civique : "faire bouger la société"

Lancé depuis 2010, le Président de la République a souhaité, après les attentats de janvier, donner un nouvel élan au Service Civique en promettant son universalité à tous les jeunes français. La Protection Civile est venue renforcer le dispositif d'offre en lien avec le ministère de l'Intérieur.

 

 

S'il est l'occasion pour les jeunes de s'ouvrir à d’autres horizons en effectuant une mission au service de la collectivité, c'est avant tout la possibilité de recevoir et de transmettre le sens des valeurs républicaines et de contribuer au renforcement du lien social. Tout en prenant en compte les besoins et les attentes du jeune, il constitue une étape importante de l'engagement dans la société. Afin de renforcer et de diversifier les missions citoyennes, le ministère de l'Intérieur a proposé aux acteurs de Sécurité Civile volontaires de joindre les rangs de ses partenaires.

 

Favoriser l'engagement des jeunes dans l'AGIR et le "vivre ensemble"

Engagement citoyen reconnu et valorisé, le Service Civique est pour le jeune, une chance de vivre de nouvelles expériences et l’opportunité de se rendre utile et de faire bouger la société. Le Service Civique, animé par l'Agence du Service Civique, propose aux jeunes de 16  à 25 ans des missions dans différents domaines d'action d'une durée de 6 à 12 mois auprès d’associations, de collectivités ou de services publics. C'est un engagement volontaire et une opportunité de développer ou d’acquérir de nouvelles compétences au service de l'intérêt général. Une indemnité de 573 euros nets environ est versé au volontaire sans conditions de diplôme : seuls comptent le savoir-être et la motivation.

Toutes les missions de Service Civique sont accompagnées d'un tutorat individualisé et d’un accompagnement à la définition du projet d’avenir. Les conditions d’engagement des jeunes entre 16 et 18 ans sont aménagées et leurs missions doivent être adaptées à leur âge. L'engagement de Service Civique n'est pas incompatible avec une poursuite d'études ou un emploi à temps partiel. Le volontaire bénéficie d'une protection sociale intégrale et conserve le bénéfice d'une aide au logement pendant cette période.

Du côté de l'établissement d'accueil, il faut tout d’abord qu'il obtienne l’agrément de sa Préfecture valable 2 ans en présentant le cadre du projet de recrutement. Après acceptation du dossier, il va pourvoir financer seulement à hauteur de 106 euros par mois. Le reste de l'indemnité étant versé directement par l'Etat. Désormais, avec la signature d'une convention nationale avec le ministère de l'Intérieur, les structures signataires - comme la Protection Civile - ont désormais un agrément national.

Pour plus d'informations, rendez-vous sur le site www.service-civique.gouv.fr

Les associations de Sécurité Civile, partenaires du Service Civique

Si l’an dernier, 34 000 missions avaient été effectuées, le succès du Service Civique permettait seulement à 1 jeune sur 4 d'effectuer une mission. Face à ce problème, le gouvernement s’est engagé à porter le nombre de missions à 150 000 pour la fin 2015. Le président François Hollande a assuré que tout jeune qui voudrait faire un service civique "pourra le faire dès le 1er juin 2015" en annonçant que l'agence pour le service civique serait "renforcée. "Ce que je propose aujourd'hui est un service civique universel", a-t-il rappelé. Cela suppose désormais de mettre toutes les collectivités, toutes les associations, tous les ministères en capacité de proposer des missions.

C'est ce cadre que le mercredi 8 juillet, dans la salle des fêtes de l’Hôtel de Beauvau, à l’invitation du ministre de l’Intérieur, en présence du ministre de la ville de la jeunesse et des sports et du Président de l’Agence du Service civique, il a été signé une convention cadre relative à son développement au sein notamment des associations de Sécurité Civile. Paul Francheterre, président national, ainsi que deux jeunes volontaires de la Protection Civile étaient présents pour représenter la FNPC.

Cette convention lie les parties dans le but de promouvoir le service civique au sein du ministère de l’intérieur, de ses établissements publics et des associations partenaires afin de mettre en place un véritable service civique universel autour des missions de protection, de secours des populations et d'encouragement à la solidarité. Le principal objectif est de doubler d’ici fin 2015 soit 600 le nombre de jeunes en service civique pour atteindre 1000 (ou 2 000) en 2016 mais également d'aider à la constitution d’une réserve citoyenne à partir des jeunes qui ont servi en service civique. Les parties s'engagent également à mobiliser les collectivités locales afin qu’elle s’engage à accueillir des jeunes volontaires.

 

Le ministère de l’Intérieur s’engage à assurer, au niveau central, une animation pérenne du service civique qui elle sera assurée par un préfet coordonnateur, sous l’autorité du Secrétaire général du ministère. Dans les régions, le préfet de région assurera l’élaboration d’un plan stratégique de développement du service civique. Les préfets de départements seront en charge de mettre en œuvre une ingénierie territoriale et d’organiser une réponse qui permette à chaque jeune qui exprime le souhait de faire un service civique ou d’obtenir une proposition d’orientation qui corresponde le mieux à ses souhaits.


Il s’engage à inventer de nouvelles missions susceptibles d’être proposées aux jeunes. Il s’agit de transformer les mentalités au sein des services de l’Etat pour que le service civique ne soit pas perçu comme un dispositif parmi d’autres mais bien comme un engagement citoyen qui concerne tout autant le jeune volontaire que le service qui l’accueille et les fonctionnaires qui le composent. Le ministère de l’Intérieur s’engage également, en lien étroit avec l’Agence du Service Civique à mettre en œuvre une communication au long du service civique et des actions de promotion de la citoyenneté.

Quant aux associations, elles s'engagent désormais à valoriser le service civique dans les formes en lien avec l’action du ministère de l’intérieur, à développer un réseau d’ambassadeurs du service civique et d'être fort en proposition d’action de promotion de la citoyenneté.

Pour assurer le suivi de la convention, un comité de pilotage se réunira une fois par trimestre d’ici la fin 2016. Il rendra compte de l’avancée de la mise en œuvre de la convention et fera des propositions pour développer le service civique afin de le rendre universel comme le souhaite le Président de la République.

Les missions offertes par la Protection Civile

L’intérêt pour le jeune est de gagner en compétences tout en accomplissant une démarche citoyenne, au service de l’intérêt général. Au sein des Associations Départementales de Protection Civile, les jeunes volontaires peuvent s'investir concrètement dans des domaines d'activités variés et leur permettent de découvrir les actions de prévention et de formation ainsi que des missions de Sécurité Civile auprès des populations. Voici quelques exemples de service civique déjà entrepris :

Développement des missions d'aide aux populations et communication

Petite par le nombre de secouristes, mais grande par ses ambitions, la Protection Civile de la Manche accueille depuis le 4 Mai dernier un volontaire en mission de Service Civique. Corentin aura pour mission de développer la cellule d’aide aux impliqués tout en aidant à la communication auprès des collectivités. "Au cours des dernières années, du fait d’un turn-over important au sein de l’association, nous nous sommes concentrés sur nos missions premières : les dispositifs prévisionnels de secours ainsi que la formation laissant, quelque peu de côté le développement de notre cellule d’aide à la population. Cette dernière mission nous tenait à cœur, il nous a donc fallu trouver un moyen de la développer tout en continuant nos activités opérationnelles et de formation" témoigne Véronique Billy, présidente de la Protection Civile de la Manche.
Un projet monté en amont par le conseil d’administration dans le but de dynamiser et de continuer à développer les projets de l’association mais aussi pour renforcer son engagement auprès des jeunes du département. Grâce aux missions confiées au volontaire, l’association pourra également mener à terme des projets à moindres coûts (106 euros par mois pour l'association). Effectivement, ce contrat permet de mobiliser un jeune sur une durée de travail hebdomadaire d’au moins vingt-quatre heures semaine avec un dédommagement pour le volontaire pris en majeure partie par l’Etat. Le Service Civique est donc un tremplin d'emploi pour les jeunes volontaires mais aussi, pour l’association, un moyen de développer ses missions.

«Nous avons, dans un premier temps, écrit un projet décrivant précisément la mission que l'on allait attribuer au volontaire et de sa valeur ajoutée par rapport à un bénévole.» explique la présidente, à l'initiative de la mission. Après avoir désigner un tuteur, il faut remplit un dossier constitué de quatre parties afin d'obtenir dans un premier temps, un agrément valable 2 ans qui peut être renouvelé ensuite. A l'intérieur, il faut expliquer le cadre d'accueil, la valeur ajoutée du volontaire par rapport aux bénévoles, comment il trouvera sa place au sein de l'association et enfin le projet d'avenir. Lors de la réception de l'agrément, après une demande de mot de passe auprès l'agence des services et paiements qui vous permet de passer votre annonce sur le site du service civique qui doit être valider avant d'apparaitre officiellement sur le site. L'association reçoit ainsi des candidatures via le site, fait son choix puis édite le contrat. Après 2 mois environ de procédure, la mission de 8 mois peut commencer.


"Pour cette première expérience, nous avons choisi un secouriste de notre association qui va travailler sur notre communication principalement et sur notre mission d'Aide à la population avec l'élaboration d'un schéma de déclenchement, tout en finalisant notre cellule d'aide aux impliqués" poursuit-elle. Corentin est un "bénévole actif depuis 2010, formé au PSE1 et PSE2, chef de poste. Je connais donc l’association et son fonctionnement.  Mon engagement comme volontaire a été motivé par l’envie d’apporter une autre forme d’engagement au sein de l’association, de transmettre la passion et les valeurs qui nous animent tout en permettant de développer notre mission d’aide à la population" nous explique Corentin. Actuellement en études d'infirmier, les heures de Corentin ont été annualisées. Il touche des bourses. Cela lui permet selon son travail scolaire de répartir ses heures selon ses disponibilités et d'être présent à temps complet lors de ces périodes de congés. "Ce contrat personnalisé me permet de continuer mes études tout en me permettant d’acquérir des connaissances qui seront un plus pour ma future profession" poursuit-il. Il dispose d'un espace équipé d'un ordinateur, imprimante, véhicule si besoin, il rencontre régulièrement son tuteur afin de faire avancer son projet.

Par cette mission, l'association espère à terme que cette Cellule d’Aide aux impliqués soit mobilisable à tout moment. Cela passera par l’installation d’astreinte, d’un référentiel de veille départementale, mais aussi par l’achat de fournitures pour l’armer. De plus, l’objectif sous-jacent, c’est la création d’une réserve départementale de bénévoles à l’image des pionniers en la matière comme la Protection Civile du Bas-Rhin.

Secours à personne et missions d'assistance

Début 2015, la Protection Civile du Bas-Rhin a également testé pour la première fois le dispositif. Après avoir préparé le projet, Yves François, président départemental à travailler avec l'association VISA-AD pour parfaire le contrat et le recrutement des volontaires. "L'idée de faire appel au Service Civique dans le cadre de nos missions a été guidée par notre désir de réagir plus rapidement aux sollicitations en urgence en permettant à notre association d'être disponible dans des créneaux où il est difficile pour les bénévoles de se libérer des contraintes professionnelles" explique-t-il. "Le statut spécifique du volontaire non-salarié à une image positive vis-à-vis des bénévoles et de nos partenaires. Il n'y a pas d'atmosphère concurrentielle, donc conflictuelle telle qu'on peut la retrouver parfois entre sapeurs-pompiers professionnels et volontaires. De plus, les volontaires peuvent se positionner sur une grande polyvalence dans les missions opérationnelles confiées" poursuit-il.

L'association alsacienne a souhaité développer en priorité les besoins en secours d'urgence en milieu isolé, en recherche de personnes disparues et dans la préparation des missions d'hébergement d'urgence des sinistrés. Ainsi, après un recrutement drastique des candidatures, deux jeunes volontaires ont été recrutées. "Gare au erreur de casting. La mission est alléchante et mieux vaut choisir des jeunes volontaires qui s'investissent." Il est vrai que la mission peut être mise en difficulté si les volontaires recrutés n'ont pas le profil et viennent juste par curiosité. La plupart des candidats pour ce type de missions n'ont pas un grande expérience dans le domaine de l'urgence, il faut des personnes réactives face à l'imprévu."Nos deux recrues se sont bien articuler avec les bénévoles, en symbiose plus que par un rapport strictement hiérarchique avec une autonomie importante". L'encadrement dans ce type de missions reste primordial et une anticipation des missions doit permettre un planning prévisionnel conséquent.

Une première expérience riche en enseignement qui a permis à l'association de tester son accueil et l'organisation. "L'une des volontaires s'est particulièrement impliqué et a eu un rôle moteur. Une belle expérience pour elle puisqu'elle souhaite adhérer comme bénévole à l'issue de son service civique" conclura Yves François.

 

Dernièrement, la Protection Civile des Vosges a commencé un projet pour développer plusieurs missions de service civique d'ici fin 2015. D'autres associations départementales, grâce aux succès des premières missions et à la convention avec le ministère de l'Intérieur, viendront bientôt multiplier les offres de la Protection Civile sur l'ensemble du territoire métropolitain et ultra-marin.

 

Publié le 05 Août 2015.

Nicolas Bertet, Direction Nationale de la Communication