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Protection civileCrises et catastrophesMédaille de la sécurité intérieure : 53 bénévoles de la Protection Civile distingués pour leur engagement à Mayotte

Médaille de la sécurité intérieure : 53 bénévoles de la Protection Civile distingués pour leur engagement à Mayotte

Près de deux ans après le passage du cyclone Chido, l’engagement des bénévoles de la Protection Civile auprès de la population mahoraise est officiellement reconnu. 53 bénévoles ont été distingués de la Médaille de la Sécurité intérieure, agrafe « Cyclone Chido – Mayotte ». Parmi eux, Laly Sansoucy et Stéphane Clain reviennent sur une mission qui a profondément marqué leur parcours de bénévoles.

Après Chido, une mobilisation exceptionnelle

Le 14 décembre 2024, le cyclone Chido frappait Mayotte, dévastant une grande partie du territoire et plongeant la population dans une situation de crise humanitaire.

Dès les premières heures qui ont suivi la catastrophe, plus de 300 bénévoles de la Protection Civile se sont mobilisés pour venir en aide aux populations. Déblaiement, acheminement et distribution de biens de première nécessité, soutien logistique, actions sanitaires : les équipes se sont engagées au plus près des sinistrés pour répondre à leurs besoins les plus urgents.

Dans des conditions difficiles, les bénévoles ont fait preuve de courage, de solidarité, de professionnalisme et d’une grande capacité d’adaptation.

Cet engagement s’inscrit également dans la durée. Près de deux ans après le passage du cyclone, la Protection Civile Santé Mayotte poursuit son action pour renforcer l’accès aux soins sur le territoire soins dans le plus grand désert médical de Fance.

 53 bénévoles récompensés pour leur engagement

Vendredi 28 août 2026, l’arrêté d’attribution de la Médaille de la Sécurité intérieure – agrafe « Cyclone Chido – Mayotte » a été publié au Bulletin officiel du ministère de l’Intérieur.

Parmi les récipiendaires figurent 53 bénévoles de la Protection Civile, distingués pour leur engagement pour la population mahoraise.

Cette distinction récompense l’engagement exceptionnel de celles et ceux qui se sont mobilisés dans les semaines et les mois qui ont suivi le passage de Chido. Elle honore également une reconnaissance, au-delà des médaillés, pour l’ensemble des femmes et des hommes de la Protection Civile qui s’engagent chaque jour au service des populations.

Parmi les 53 bénévoles distingués, 30 % sont des femmes. Une représentation qui souligne également la place essentielle des bénévoles féminines dans les missions de sécurité civile.

La Protection Civile adresse ses sincères remerciements à la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises pour cette reconnaissance de l’engagement de ses bénévoles.

Deux d’entre eux, Laly Sansoucy, de la Protection Civile des Pyrénées-Atlantiques, et Stéphane Clain, de la Protection Civile de La Réunion, ont accepté de partager leur expérience sur cette mission gravée à jamais dans leur mémoire.

Laly Sansoucy : « Si on me proposait de repartir pour une nouvelle crise, je repartirais sans hésiter » 

Engagée depuis un peu plus de trois ans au sein de la Protection Civile des Pyrénées-Atlantiques, Laly Sansoucy a découvert le secourisme alors qu’elle était encore lycéenne.

Tout commence avec une formation de Sauveteur Secouriste du Travail (SST), dispensée par la Protection Civile dans son lycée. Une première expérience qui lui donne envie d’aller plus loin.

« Je me suis rendu compte que j’aimais beaucoup les gestes de premiers secours. »

Une amie déjà bénévole à la Protection Civile lui propose alors de rejoindre l’association. Laly découvre une « petite famille », faite de bénévoles qui l’accompagnent dans ses premiers pas, l’encouragent et lui transmettent leur savoir-faire.

Elle devient équipière secouriste, puis chef d’équipe et participe régulièrement à des Dispositifs Prévisionnels de Secours (DPS).

Une première mission d’ampleur à Mayotte

Lorsque la Protection Civile lance un appel à volontaires pour mobiliser des bénévoles à Mayotte, Laly se porte volontaire. Étudiante en école d’infirmière, elle dispose alors de trois semaines de vacances et décide de se rendre disponible.

Retenue pour la première vague de départ, elle s’envole pour Mayotte à seulement 19 ans et est la plus jeune bénévole de sa vague.

Dès son arrivée, elle découvre un territoire profondément marqué par le passage du cyclone.

Sa première mission consiste à participer au déblaiement des rues avec des tôles et des débris qui jonchent les routes. Les habitants viennent eux-mêmes prêter main-forte aux bénévoles.

« Les habitants nous ont aidés. On a discuté, chanté… Il y avait une bonne ambiance malgré tout. »

Grâce à sa formation d’étudiante infirmière, Laly participe également à l’ouverture et au fonctionnement d’un dispensaire, aux côtés de médecins et d’infirmiers.

Elle y découvre une autre dimension de la catastrophe.

Les équipes soignent les blessures, mais elles accueillent aussi des personnes profondément éprouvées par ce qu’elles viennent de vivre.

« Les plaies, j’ai l’habitude d’en voir. Ce qui était plus difficile, c’était le côté psychologique des habitants. »

Au fil des consultations et des soins, les habitants racontent ce qu’ils ont vécu. Certains ont besoin de parler, de déposer leurs émotions, leurs inquiétudes et leurs souvenirs.

Pour Laly, ces échanges constituent l’un des aspects les plus forts de la mission.

Une expérience humaine

Cette expérience renforce aussi son implication au sein de la Protection Civile.

« Avant de partir, j’étais moins impliquée. Depuis, je viens beaucoup plus souvent, je fais davantage de postes de secours et je m’investis davantage. »

Sur le plan humain, elle retient notamment l’accueil et la solidarité des habitants.

« Les échanges que j’ai eus avec les habitants m’ont beaucoup enrichie. Ils étaient toujours souriants, dans l’entraide. C’est dans ces moments-là qu’on se rend compte de la force de l’entraide. »

Un Noël pas comme les autres

Parmi les souvenirs qui resteront gravés dans sa mémoire, il y a celui du réveillon de Noël.

Pour la première fois, Laly passe les fêtes loin de sa famille. Mais elle les partage avec les bénévoles rencontrés quelques jours auparavant.

Après plusieurs jours de rations alimentaires, un restaurateur accepte de préparer un repas pour les équipes.

Le réveillon se déroule simplement, dans un hangar, autour de tables installées pour l’occasion.

« Ce n’était pas vraiment une ambiance de Noël, mais c’était une ambiance différente. Ça nous a tous rassemblés. Tous les bénévoles de notre vague auront ce souvenir gravé en tête. »

Un plat, en particulier, restera associé à cette mission : le riz au poulet curry.

« Dès que j’en mange, ça me rappelle Mayotte. »

Une médaille qui fait remonter les souvenirs

Laly reçoit la Médaille de la Sécurité intérieure, échelon bronze, pour son engagement lors de la mission Chido.

Elle ne savait pas qu’elle avait été proposée pour cette distinction.

« Ça fait reconnaître l’action que j’ai pu avoir et ça fait plaisir. Ça fait aussi remonter les souvenirs. »

Mais pour elle, l’essentiel est ailleurs.

« On ne fait pas ça pour recevoir une médaille. »

Cette mission lui a permis de gagner en confiance, de découvrir de nouvelles pratiques et de renforcer son engagement.

Et si elle devait repartir demain ?

« Si on me proposait de repartir pour une nouvelle crise, je repartirais sans hésiter. »

Stéphane Clain : « Cette crise nous a soudés, c’était plus que des collègues, c’était une famille »

Stéphane Clain est bénévole à la Protection Civile de La Réunion depuis onze ans.

Équipier secouriste et chef de poste, il s’engage initialement avec une volonté simple : ne plus être spectateur, mais devenir acteur.

« Je voyais la Protection Civile sur les postes de secours. J’ai poussé le portail, j’ai pris les renseignements et j’ai été très bien accompagné dès le début. »

Parmi les premiers à arriver à Mayotte

Lorsque le cyclone Chido frappe Mayotte, Stéphane est rapidement sollicité.

La proximité géographique de La Réunion et sa connaissance du territoire mahorais en font un interlocuteur précieux pour préparer les premières opérations.

Avec Baptiste Rivoire, coordonnateur national des opérations à la FNPC, il participe aux premiers contacts et à la préparation de la mission : identification des besoins, recherche d’une base vie, organisation de l’hébergement des bénévoles, stockage du fret et prise de contact avec les institutions locales.

Mais sur place, les communications sont particulièrement difficiles.

« Il n’y avait plus de réseau. C’était une partie difficile à gérer. »

Les premières missions consistent alors à organiser la réponse et à identifier les besoins auprès des communes et des populations.

Les équipes participent notamment au déblaiement des axes routiers, à l’évacuation des déchets accumulés, au déblaiement chez les habitants et à la distribution d’eau.

Avec la mairie de Koungou, un bibliobus est également mis à disposition afin de permettre aux équipes d’aller au plus près des populations.

Cette première réponse logistique et sanitaire s’inscrit aujourd’hui dans la durée, notamment à travers les actions de la Protection Civile Santé Mayotte et son médicobus, qui contribue à renforcer l’accès aux soins sur le territoire.

« Il n’y avait plus rien »

Stéphane connaissait déjà Mayotte. Pourtant, lorsqu’il revient sur l’île après le passage de Chido, le choc est immense.

« J’étais parti deux mois avant dans le cadre de mon travail. Quand j’ai atterri après le cyclone, ça m’a fait un choc de voir l’état du département. Il n’y avait plus rien. »

Derrière les destructions, il découvre surtout une population qui refuse de baisser les bras.

« Les Mahorais sont motivés. Ils ont déblayé, reconstruit eux-mêmes et ils n’ont pas baissé les bras. »

Cette détermination le marque profondément.

Sur le terrain, Stéphane côtoie des bénévoles venus de l’Hexagone et des territoires ultramarins. Une véritable communauté se forme autour de la mission.

« Cette crise nous a soudés. C’était plus que des collègues, c’était une famille. On est formés pour gérer ça et on veille les uns sur les autres. »

Pour lui, l’un des principaux enseignements de la mission réside dans la polyvalence et la capacité d’adaptation de la Protection Civile face à une catastrophe de grande ampleur.

« Cela m’a appris à gérer des équipes en temps de crise, le stress, la fatigue et à aider la population dans la détresse. »

Une expérience qui a donné un sens nouveau à son engagement bénévole.

Une reconnaissance inattendue

Stéphane reçoit la Médaille de la Sécurité intérieure, échelon argent.

Pour lui, cette médaille représente avant tout la reconnaissance du travail accompli par les bénévoles au service de la population mahoraise.

« En tant que bénévole, c’est une fierté. Je ne m’y attendais pas. »

Mais là encore, la médaille n’est pas la motivation première.

Donner le meilleur de soi-même

Pour Stéphane, être bénévole signifie avant tout donner sans attendre de retour.

« Être bénévole, c’est essayer de donner le meilleur de soi-même sans attendre rien en retour. Je ne savais pas où j’allais, mais j’y allais. »

Une philosophie qui rejoint pleinement les missions de la Protection Civile : aider les populations en détresse, secourir les victimes et former les citoyens aux gestes de premiers secours.

Selon lui, cet engagement repose sur quelques qualités essentielles : l’altruisme, la maîtrise de soi, la rigueur, l’humilité, l’esprit d’équipe et, surtout, l’humanité.

Un réveillon gravé dans les mémoires

Comme Laly, Stéphane garde un souvenir très fort du réveillon de Noël passé à Mayotte.

« On l’a passé entre nous à Mayotte malgré les difficultés pour s’approvisionner en nourriture. Un restaurateur a accepté de nous faire deux repas et un dessert. Ça marque le coup. »

Ce moment devient un instant de cohésion pour des bénévoles venus des quatre coins de la France.

« C’est une expérience qui restera marquée dans les mémoires de chacun. »

Et malgré la difficulté de la mission, Stéphane sait déjà ce qu’il ferait si une nouvelle crise venait à frapper.

« Si une crise venait à se reproduire, je serais toujours là si la Protection Civile a besoin de moi. Je suis opérationnel et je peux m’arranger. »

Une médaille pour 53 bénévoles, une reconnaissance pour tous

Derrière les 53 médaillés, ce sont plus de 300 bénévoles qui se sont mobilisés après le passage du cyclone Chido. Elle honore tous les bénévoles qui, à Mayotte comme partout en France et dans les territoires ultramarins, répondent présents lorsque survient une catastrophe.

Des secouristes, des logisticiens, des responsables d’équipe, des bénévoles venus de métropole et des outre-mer, des femmes et des hommes aux profils différents mais réunis par une même volonté : être présents lorsque les populations ont besoin d’aide.

Arrêté du 6 juillet 2026 portant attribution de la médaille de la sécurité intérieure

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